L’invisibilisation des compositrices, quelle partition s’est jouée ?
mardi 17 février de 18h30 à 20h00
Gratuit, sur réservation
Gratuit, sur réservation : laseinemusicale@hauts-de-seine.fr, dans la limite des places disponibles.
Présentation
Pouvez-vous citez le nom de 5 compositrices ? Difficile n’est-ce pas, alors que des noms masculins nous viennent directement en tête. Ce n’est pas le fruit du hasard si nous peinons à nommer des compositrices, c’est le résultat d’une longue amnésie collective et surtout de millénaires de domination masculine.
Aujourd’hui encore, la place des œuvres composées par des femmes dans la programmation de concerts et festivals ne représente que 6%. Un chiffre vertigineusement bas qui, heureusement, tend à augmenter ces dernières années. Mais pourquoi une telle invisibilisation ? Comment les compositrices ont pu être oubliées à ce point de l’Histoire ? Cette disparition a-t-elle été savamment orchestrée ?
Tout d’abord parce que l’accès à une profession musicale leur a longtemps été fermé. L’éducation musicale était accessible seulement aux femmes issues de classes sociales aisées. Or il était très mal vu pour les femmes de bonne famille d’exercer un métier fut-ce t’il artistique. Seule était envisageable une pratique de la musique en amatrice, un statut qui, de facto, ne leur a pas permis de monter sur scène, encore moins de publier et donc de se faire une place dans l’Histoire de la musique. Jusqu’en 1850, les classes de composition des conservatoires n’étaient pas accessibles aux femmes. Les bulles de liberté se résumaient à certains couvents où les nonnes pouvaient chanter et écrire de la musique, ou bien à certaines familles de musiciens ouvertes d’esprit, qui enseignaient la musique aussi bien aux fils qu’aux filles. Et pour les compositrices les plus brillantes, celles qui parvenaient à se frayer un chemin malgré tous ces obstacles, la musicologie, une discipline universitaire qui s’est développée au XIXe siècle – et donc là encore exercée principalement par des hommes – a pris soin d’effacer leur nom des dictionnaires de musique.
Aujourd’hui, même si nous recouvrons petit à petit la mémoire, il est primordial de rouvrir l’arbre généalogique musical pour faire vivre les compositrices de notre histoire et arrêter de nier leur existence. Mais par quels moyens ? Quels outils peuvent nous aider à désinvisibiliser des millénaires d’oublis ? Comment remettre les compositrices d’autrefois mais aussi celles d’aujourd’hui au centre de la partition ?
Avec Léa Chevrier, diplômée de l’ENS Louis-Lumière en son, elle explore les possibilités narratives du son spatialisé. Elle travaille notamment dans les domaines du podcast et du parcours sonore (Audible, Arte Radio, France Culture, Louie Media, narrative).
Formée en musique ancienne et sensibles aux questions féministes, elle se consacre depuis plusieurs années à la redécouverte des compositrices, à travers des créations telles que Trobairitz (parcours sonore sur les traces de la comtesse de Die pour l’Abbaye de Sorde) ou la performance « Maddalena morir non può » (autour de l’œuvre de Maddalena Casulana).
Avec Laureline Amanieux, autrice et réalisatrice de documentaires, elle collabore notamment avec ARTE et France Télévisions. Docteure en Lettres Modernes, elle développe des œuvres mêlant rigueur du récit et transmission culturelle. Engagée dans la valorisation des parcours féminins, elle est autrice d’un roman sur le destin méconnu d’une poétesse du début du XXe siècle (éditions Albin Michel, à paraître) et elle réalise la série documentaire Un orchestre à soi.
Les autres intervenants seront communiqués ultérieurement.
Cette Pop Conf’ est proposée en lien avec l’installation « Un orchestre à soi » à découvrir au SeineLab jusqu’au 16 mai.
Les Pop Conf’ hors-les-murs à La Seine Musicale !
Le SeineLab accueille pour la 3e saison les Pop Conf’ hors-les-murs, en partenariat avec La Pop, incubateur artistique et citoyen, lieu de créations, réflexions, transmissions sur la musique et les sons.
Les Pop Conf’ sont des rendez-vous, espaces de débats et de rencontres, qui réunissent artistes, chercheurs et chercheuses autour de questions larges, qui peuvent sembler décalées, mais dont les réponses sont par nature complexes. Les intervenants explorent une thématique en lien avec les enjeux artistiques et citoyens portés par La Pop : interroger les rôles que jouent les sons et la musique pour l’individu, les communautés, la société ou les écosystèmes.
Un cycle de 3 conférences en lien avec la programmation du SeineLab les 15 octobre 2025, 17 février et 9 juin 2026.
Qu’est-ce que La Pop ?
Ouverte au public en mars 2016 sur le bassin de la Villette à Paris, La Pop est un incubateur artistique et citoyen, un lieu de créations, réflexions, transmissions sur la musique et les sons. C’est une structure de production et un lieu de créations pluridisciplinaires qui interroge les rôles et fonctions que jouent la musique et les sons pour l’individu, les communautés, la société ou les écosystèmes.
17 Fév 2026 - 18:30
Gratuit, sur réservation
